jeudi 3 décembre 2009

LE PARADOXE, UNE EXCEPTION CULTURELLE FRANCAISE



Aujourd'hui, une fois n'est pas coutume, je vais céder à la tentation du billet d'humeur pour faire un constat alarmant : les français cultivent le paradoxe jusque dans leurs gouts culturels. A l'heure où nous entendons parler d'identité nationale et encore une fois d'exception culturelle française, il convient de se poser la question du public. Pourquoi la France a-t-elle un si grand potentiel culturel et si peu de francais pour la consommer ? Les plus grands consommateurs des produits culturels francais sont les étrangers.
Alors quel rapport avec "La France a un incroyable talent" me direz-vous ? je vais y venir car tout est toujours logique dans ce que je dis. Si, si je vous assure. Dans l'émission du 1er Décembre 2009, nous avons eu un exemple criant de ce paradoxe culturel francais. Céline, une candidate de 29 ans animatrice commerciale dans les Rhones-Alpes, entre en scène et devant un public constitué principalement de jeunes de 20-30 ans entonne un air de Puccini. De l'opéra à la télévision francaise à une heure de grande écoute et devant un public à priori peu enclin à apprécier ce genre. "Et pourtant, pourtant" comme dirait Charles, l'improbable se produit. Des larmes apparaissent aux yeux du jury et le public entier semble captivé par cette puissance vocale et ce flot de notes sublimes qui les submergent. A la fin de la prestation, le public est debout et fait une standing-ovation à la candidate elle-même bouleversée de l'accueil de son interprétation. Même le spectateur que je suis ne peut s'empécher d'avoir la chair de poule à l'écoute de ce morceau.
Le problème que je me pose est le suivant : pourquoi la grande majorité du public passe son temps à cracher sur la musique classique, et à fortiori l'opéra, alors que quand on la met face à ça sans leur dire que c'en est, la réaction est toujours positive ? Il y avait eu le même phénomène dans la même émission il y a quelques années avec un militaire sopraniste. Le même engouement du public était là. Pourquoi ne perdure-t-il pas après l'émission ? Alors peut être qu'une ou deux personnes ont été tellement séduites qu'elles vont prolonger l'expérience par la suite, et ce serait déjà pas mal. Mais tout le monde a l'air submergé par ce flot d'émotion. L'opéra et la musique classique en général sont des fleurons de notre culture, au même titre que la littérature et le théâtre. Pendant des siècles, le public se bousculait pour entendre du Lully, du Offenbach ou du Debussy. Plus proche de nous, le film de Milos Forman sur Mozart, ou encore de Corneau sur Farinelli, ont fait des succès en salle, et en font encore à chaque diffusion télé.
Quelqu'un à l'esprit retors pourrait m'expliquer, et à juste titre, que la musique classique n'est pas facile d'accès et que sans formation préalable, on ne comprends pas grand chose. Ce n'est pas totalement faux si vous abordez directement du Debussy. En revanche des compositeurs comme Mozart ou Offenbach (qui selon moi est le pré-curseur de la comédie musicale avec ses opéras-bouffes délirants) sont accessibles à des néophytes. De plus il existe des émissions radio et télé, comme celles de jean francois Zygel, qui font découvrir la musique classique en s'amusant. Cette même personne pourrait me dire que les gens apprécient la musique classique sans le savoir dans les films ou dans les pub. C'est vrai et c'est de cela qu'il faut leur faire prendre conscience pour qu'enfin cet aspect de notre culture française, voire mondiale soit appréciée à sa juste valeur.
pour voire la prestation en question : http://www.youtube.com/watch?v=bcM90tBp7fo&feature=related

dimanche 22 novembre 2009

LA DEUXIEME SYMPHONIE DE VGL



Le jeu vidéo est un art ! C'est un peu abusif de démarrer comme cela, j'en conviens, mais c'est un fait. Il faudrait des heures de développement, d'exemple et de démontration acharné pour vous en expliquer toutes les ficelles, mais faites moi confiance : c'est un art au même titre que la bande dessinée, la peinture, la musique et le cinéma. D'ailleurs il emprunte le meilleur à tout ces arts. Tout ceux qui seraient rester au temps béni des amstrad cpc et des amiga ne pourront pas comprendre puisque pour eux le jeux video c'est pac-man. Ouvrez les yeux chers amis et regardez le monde qui vous entoure ! Les graphismes, les scénarios de plus en plus complexes et même la musique se sont étoffés. Maintenant la musique, plus que tout, est un élément essentiel. Non seulement elle est essentielle mais elle devient aussi travaillée que le scénario, à tel point qu'elle égale en qualité les musiques de films. Il semblait donc normal qu'un concert en hommage à ces musiques soit organisé. C'est chose faite grâce aux talents conjugués de deux compositeurs renommé Jack Wall ( compositeur du géniallissime Myst et Splinter Cell) et Tommy Tallarico (Earthworm Jim) et les aimables participations d'autres grands noms du jeux video tel que Hideo Kojima (Metal Gear Solid). Dans chaque ville de leur tournée, il s'allouent les services d'un orchestre symphonique pour interpréter les plus grands hits dans la mémoire collective des gamers. Hier soir, c'est dans un palais des congrès plein à craquer que le video games live à posé ses valises pour la seconde édition.
Le billet annoncait un démarrage à 20H45 et c'est en effet à l'heure dite qu'un lapin crétin et des trompettistes tout aussi crétins entrent en scène pour exécuter (je crois que c'est le terme adéquate) en exclusivité la bande originale de Les lapins crétins la grosse aventure. Comme dirait mon ami Guillaume, "la trompette c'est difficile et pas que pour ceux qui l'écoutent". Puis la scène est cedée au gagnant du concours internet lancé par le Video Games live qui nous interprètent deux tubes vidéoludiques avec piano et violon. Enfin la salle s'éteint et Jack Wall entre en scène pour diriger un mix de vieux jeux tel Pong ou encore la première apparition de Mario face à Donkey Kong. Et les morceaux s'enchainent face à un public extrêment réactif et souvent sollicité, nottement à l'occasion de jeux sur scène. Metal Gear Solid, Halo, Myst, Final Fantasy, Zelda, Mario...Tout y passe pour le plus grand bonheur des spectateurs. Les souvenirs reviennent au rythme des violons et du choeur mobilisé pour l'occasion. Les videos des jeux diffusés sur un écran géant ne font que compléter cette sensation de bien être. Saluons encore une fois la présence de Martin Leung, la preuve que les robots existe. Il exécute la musique de Mario au piano à une vitesse impressionnante devant nos yeux ébahis. Ce n'est pas humain.
Une seconde édition qui prolonge le plaisir de la première tout en renouvellant l'expérience avec de nouveaux titres. Le concept tends à se prolonger pendant des années puisque pléthores de nouveaux jeux sortent. On quitte le palais des congrès avec l'intense envie d'y retourner l'année prochaine pour une troisième édition.

jeudi 12 novembre 2009

P.S. I LOVE YOU GERARD BUTLER



P.S. I Love you (2008)
de Richard LaGravenese
Avec Hilary Swank, Gerard Butler, Lisa Kudrow, Harry Connick Jr, etc


Je me pose toujours la question de savoir si je dois chroniquer ici uniquement des films récents pour satisfaire un besoin d'être proche au maximum de l'actualité, ou si au contraire je peux me permettre de parler de films plus anciens. Je ne sais pas si je trouverais un jour la réponse. J'ai pour habitude de considérer qu'un film ne meure jamais et est donc toujours d'actualité, du moins c'est ce qu'il devrait être. Alors chroniquer un film le jour de sa sortie ou des années après, quelle différence ? Un bon film est censé rester un bon film même quand le temps est passé. D'un autre côté se pose le problème de l'intérêt du lecteur de ce blog d'avoir un article sur un film moins récent. Et là je pense à la personne qui n'aurait pas eu la chance de voir ce film ou d'en entendre parler à l'époque. Doit-on le priver d'une oeuvre sous prétexte qu'il n'a rien lu dessus à l'époque. C'est en tant qu'ami que je vous parle des films sorti depuis longtemps, comme on viendrait sur le sujet lors d'un dîner "comment mais tu n'as pas vu machin ?" La mémoire du cinéma se transmet aussi comme ca, parce que quelqu'un à un moment va parler d'un film à ceux qui l'ont vu et peut etre donner l'envie à ceux qui ne l'ont pas vu de se jeter dessus.
Celui dont je vais vous parler n'est pas si vieux que cela puisqu'il date de l'année dernière. A sa sortie en salle, beaucoup de spectateurs en sont sortis marqués, émus et gardent toujours un bon souvenir de ce moment. Je vais tenter de dégager quelques raisons qui font que ce film est indispensable. On y suit une femme, Holly, dont le mari vient de décéder alors qu'il n'avait que la trentaine. Elle évidemment détruite jusqu'au jour de son anniversaire où elle découvre que son mari lui a laissé une série de courriers qu'elle doit s'engager de suivre à la lettre (ah ah quel humour !). Il va petit à petit l'amener à faire son deuil et à vivre une nouvelle vie sans lui. Le film pourrait être triste au possible. C'est sans compter sur le talent des scénaristes qui parviennent à tirer de cette histoire une comédie romantique d'un genre nouveau. Tout les codes y sont bousculés. Certes on rit souvent des déboires des personnages qui se retrouvent souvent dans des situations comiques à la Ally Mc Beal. Mais l'histoire d'amour hyper-prévisible entre Holly et le personnage interprété tout en finesse par Harry Connick Jr s'avère nous surprendre à bien des égards. Et finalement la seule vrai histoire d'amour du film ne serait-ce pas cette histoire entre Holly et son défunt mari. Un amour au delà de la mort. L'idée que l'amour ne meurt jamais.
Et je crois que c'est cela qui touche tant le public. L'amour entre deux être est quelque chose de tellement magique et impalpable, que quand un des deux part (ici les scénaristes ont jugé que le décès était plus efficace mais cela pourrait être n'importe quelle séparation) l'amour entre les deux ne disparait pas pour autant et prends au contraire toutes les formes du romantisme. L'amour platonique n'est il finalement pas le plus pur selon la pensée commune.
La réalisation reste classique, il est vrai. Ceci dit c'est peut être le moyen le plus efficace pour transmettre les émotions directement au public. Il n'est pas besoin de grands effets pour toucher le coeur. Hilary Swank campe un personnage détruit par la mort de son compagnon mais qui vit sa souffrance intérieurement. Son entourage la voit triste mais pas au point où elle en est. Saluons une prestation très charmante et délicieuse de Jeffrey Dean Morgan, John Winchester dans Supernatural.
P.S. I Love you est un film délicieux et scénaristiquement bien foutu. Les émotions qu'il véhicule gardent toute leur fraîcheur et sauront vous donner une terrible envie de profiter de la vie à chaque instant. Si vous êtes en couple, c'est le genre de film à se blottir contre sa moitié et lui sussurer des mots doux à l'oreille. Je n'ai pas vu de film sur l'amour aussi beau depuis Ghost. A croire que l'amour devient beau une fois qu'on a perdu la personne qu'on aime...

J'AI 10 ANS !!



Je sais que c'est pas vrai comme disait la chanson, mais j'ai 10 ans ! 10 ans que mon petit poste de radio, qui n'avait jusqu'alors diffusé que des boys band à la con, s'est allumé sur la fréquence 104.7 pour entendre ce tonitruant : "Bonjour et bienvenue dans On va s'gêner avec aujourd'hui Philippe Geluck (Applaudissements), Gérard Miller (Applaudissements), etc". 10 ans que Laurent Ruquier égaye les après midi d'Europe 1 avec une équipe souvent renouvellé mais rarement mauvaise. Cet événement se devait d'être fêté en grande pompe et pour cela laurent Ruquier à mis les petits plats dans les grands en squattant l'Olympia le temps d'enregistrer deux émissions de deux heures chacunes destinées à la radio et à une diffusion sur France 4. Tout ceci a eu lieu le 21 Octobre dernier et figurez vous que j'y étais en bon fan que je suis.
L'entrée était libre et sans réservation, ce qui a valu à beaucoup une longue attente sous une pluie battante. Mais que voulez-vous quand on aime on ne compte pas, et Ruquier tenait à ce qu'il n'y ait pas de réservation pour que seul les vrais adeptes de l'émission soit dans la salle. Le début était prévu à 19h30 et l'ouverture de l'Olympia pour 18h. Ce n'est qu'à 18h30 que les portes sont enfin ouverte et que la masse se rue dans un but précis : trouver les meilleures places. Seulement les placeurs (et oui car il y avait quand même des placeurs) durent calmer les ardeurs de ces fans déchaîné, les premiers rangs n'étant pas disponible pour cause de test de la camera grue. Les tests finis, les râleurs calmés, Laurent Ruquier fait son entrée sous une salve d'applaudissements. Il donne le ton en annoncant que l'Olympia doit être impérativement rendu à minuit et qu'il va donc s'agir davantage d'un marathon que d'une promenade de santé. Les chroniqueurs prennent place dans des gradins sur les côtés de la scène et aux deux tables sur les côtés du chef. Tout le monde est là : les nouveaux comme Fabrice Eboué, Jéremy Michalak, Gaspard Proust ; ou les plus anciens tels que Pierre Bénichou, Philippe Geluck, Caroline Diamant, Claude Sarraute, Steevy, etc. Grands absents Isabelle Mergault visiblement indisponible ce soir là et Jean Luc Lemoine, en froid avec Ruquier pour une histoire de plagiat de concept d'émission. Mais rien ne devait gâcher la fête et nous avons assister à un vrai spectacle. Tout le monde s'y retrouvais, les fidèles de 10 ans comme moi avec énormément de références aux délires des débuts (Philippe Geluck nous gratifie d'un vrai show pour sa blague annuelle du naufrage du Titanic) ; comme les nouveaux arrivants avec un festival d'imitations aussi drôles que foireuse de Bénichou imitant Zidane, Titoff imitant Gascquet et Claude Sarraute imitant Michel Galabru dans Bienvenue chez les ch'tis. Mais celui qui a remporté le Molière du meilleur One Man show tout au long de ces deux émissions c'est sans conteste Steevy qu'on a trouvé déchaîné et sans aucunes limites dans ses prises de paroles, nottement contre le fait que Bouvard crache sur Ruquier alors que ce dernier l'a gentiement quand son émission sur RTL avait été annulée.
Nous pouvons toutefois noter un bémol quant aux interventions des chroniqueurs sur les gradins. Il est vrai qu'à plus de vingt par plateau, il est difficile de tirer son épingle du jeu. Certains étaient bon joueur comme Dubosc, d'autres beaucoup moins comme Jean Francois Dérec qui s'agacait souvent de ne pas avoir le micro sous la main pour répondre aux blagues dont il faisait l'objet. Et quand il y parvenait enfin, ses blagues tombaient à l'eau. Nous pouvons également regretter un amateurisme de l'équipe technique qui ne suit visiblement pas son animateur et semble pris de court quand il s'agit de lancer un jingle sonore ou d'apporter un micro à pied sur scène. La seconde émission qui devait donc durer 2 heures se trouve emputée de 20 minutes et ne fera donc qu'1h4O.
C'est comblé et le sourire au lèvre que le public quitte l'Olympia, rêvant des 19 et 20 Novembre prochains pour entendre le résultat de cette belle soirée sur Europe 1 ou des 25 Novembre et 2 Décembre pour avoir les images sur France 4. D'ici là il se contenteront d'écouter l'émission du lundi au vendredi entre 16h et 18h30 sur Europe 1 pour réviser leur actualité enrobée de nombreux fous rires.

mercredi 11 novembre 2009

Y A-T-IL UNE FIN HEUREUSE INCLUSE ?



L'IMAGINARIUM DU DOCTEUR PARNASSUS
by Terry Gilliam
Sortie le 11 Novembre 2009
Avec Heath Ledger, Christopher Plumer, Verne Troyer...

Vous avez toujours rêvé comme moi de voir Heath Ledger (avant son décès), Jude Law, Johnny Depp et Colin Farrell dans un même film ? Terry Gilliam l'a fait !! Pire il les a mis dans un même rôle, si c'est ça le bonheur : 4 en 1. Ca fait un peu titre de film porno gay sur un gang bang, mais non. D'ailleurs tant qu'à parler de cela, j'aimerai éclaircir un point capital, malgré son nom de famille, Johnny n'est pas homosexuel et est bien toujours avec Vanessa Paradis.
C'était important de le préciser, pour éviter toute rumeur. Il parait qu'il faut que je vous parle du film, mais parler d'un film de Terry Gilliam c'est comme essayer de parler de la premiere relation sexuelle : tout le monde l'a déjà vécue mais personne ne l'a ressentie pareil. Cependant tout le monde s'accorde à dire que cela reste incroyablement excitant. Et c'est le terme exact pour désigner cette nouvelle fournée de délires visuels de l'ex Monty Python. Nous suivons le docteur Parnassus, forain nomade qui trimbale à travers les villes son imaginarium, un objet fabuleux que tout le monde s'accorde à considérer comme une arnaque. Nul ne se doute qu'au delà de ce miroir se trouve tout ce qu'il veut bien imaginer, ni que son propriétaire fait l'objet d'un terrible adversaire adepte des paris et pactes en tout genre...Le docteur va également croiser sur son chemin Tony Sheperd, un personnage bien mystérieux au passé nébuleux et étrange. Ce personnage, c'est Heath Ledger pour son dernier rôle à l'écran. Comment ? N'a-t-on pas déjà dit pour le Joker que c'était son dernier rôle à l'écran ?! Vous voulez dire que les studios seraient prêts à faire des entrées sur le décès d'un acteur ?! Je n'ose y croire. Ici le décès de son interprète principal en plein tournage n'a pas déservi Terry Gilliam qui a plus d'un tour dans son sac, et qui a décidé de ne pas arrêter un deuxième tournage comme il l'avait fait pour le défunt projet sur Don Quichotte (Voir Lost in la mancha). Bien au contraire, il en tire une des meilleures idées qu'il ait eu en finissant le tournage avec trois acteurs au lieu d'un et qui s'avère à l'écran avoir la même morphologie tout en gardant leur visage indentifiable. Tout est donc possible chez Gilliam ?
Il semblerait que oui puisque les autres éléments du film sont maîtrisés aussi avec une rigueur toute anglaise. Il veut nous faire rêver et bien il y met les moyens à grand coup d'effets numériques qui donne à l'image un aspect de dessin animé avec de vrai acteur : on marche sur des nuages, la rivière sombre se transforme tout à coup en vipere, etc . L'illusion est parfaite comme à toujours su le faire le réalisateur. Le scénario recèle de nombreux rebondissements qui ont pour effet de tenir le spectateur en éveil tout au long du film et reconnaissons qu'un film sans longueur est de plus en plus rare. Tout effet est justifié et le plaisir est total. Quant aux acteurs...Le jour où les acteurs francais sauront être si fin et à la fois totalement en adéquation avec ce genre d'univers n'est pas arrivé. Une chance que nous ayons l'importation cinématographique pour nous faire croire à ces histoires. Vous allez croire que je fait une fixette sur Christopher Plummer dont je vous avait déjà parlé dans le role du capitaine Von Trapp dans la mélodie du bonheur, mais il interprète ici un Parnassus tout en douleur, et avec un don du sacrifice sans pareil.
Je ne vois pas pourquoi continuer à vous parler plus longtemps de ce film merveilleux pour plusieurs raisons. Tout d'abord je pourrais passer des heures à détailler ce qui m'y a plu et ce ne serait pas forcément intéressant pour vous. De plus, la particularité d'un Terry Gilliam comme je l'ai souligné plus haut est qu'il marche sur l'expérience personnelle. notons tout de même une scène propre à me plaire puisque Gilliam reviens aux sources des Monty Pythons avec une chanson des agents de polices en porte jaretelles qui rappelle fortement Sacré Graal et le chateau de Camelot ("it's a silly place"). Il convient alors de vous laisser vous faire votre propre avis, et si vous vous posez la questions suivante : "Y a t il une fin heureuse incluse ?", je ne pourrais que vous répondre ce qui est dit dans le film et qui devrait servir de définition à chaque film : "Nous ne pouvons pas vous le garantir".

mardi 3 novembre 2009



Cinéman de Yann Moix (2009)
Avec Franck Dubosc, Pierre Francois Martin Laval, Pierre Richard, etc
Sortie le 28 Octobre 2009


Alors oui je sais ce que vous allez dire ! Je vous entends déjà me villipander sous le prétexte fallacieux qu'il n'y a pas eu de nouvel article depuis le 20 Octobre, et que je me présente à vous sans dire "ni merde ni bonjour" en espérant que cette longue absence passe inapercue. Et bien figurez-vous que j'ai une très bonne raison : mon ordinateur a grillé. De là c'est plutot difficile de se consacrer à une chronique régulière sur ce blog tant apprécié des langues de vipères et autres intellectuels de tout bord (nous ne parlons pas ici de sexualité bien sûr).
Cette introduction étant faite, passons à ce qui nous intéresse aujourd'hui. Qui n'a pas vu cette belle affiche dans le métro ou sur les bus ? Qui a pu échapper à l'omniprésence de Yann Moix sur les plateaux de télévision depuis quelque mois, dans un premier temps pour présenter son livre sur Michael Jackson puis pour nous dire que sont nouveau film est un chef d'oeuvre de nouveauté, d'invention et de drôlerie. Pour reprendre ses propres mots "la suite de Podium". Il est des fois où un réalisateur devrait apprendre que faire de la publicité pour son film c'est bien, que la publicité est évidemment une forme de mensonge, mais qu'il faut tout de même pas prendre le public pour des cons. Parce que à trop vouloir que les gens voient votre film, ils finissent pas y aller !
Oui, j'ai cédé aux affres de la tentation. Oui, ma sympathie pour Dubosc m'a fait me déplacer dans une salle de cinéma. Oui, j'avais adoré Podium qui était bien plus que la comédie à laquelle on voulait la réduire, mais qui montrait un homme qui n'avait plus d'identité et se prenait vraiment au jeux du sosie jusqu'à l'extrême. Oui, je suis allé voir Cinéman. Je ne dirais même pas que c'est par soucis de parler de films récents sur ce blog, vous avez déjà pu voir que je suis capable de parler de films qui datent des années 1950. Je n'ai pas non plus l'excuse d'y avoir été trainé par amitié comme au palais des sports. Non, j'y suis allé de mon plein gré. Ce qu'il y a de bien au cinéma, c'est qu'au moins on passe toujours un bon moment : les bandes annonces. Après le film démarre et là c'est plus délicat.
Moix démarre le film sur un hommage à Harold Lloyd et la fameuse scène où il est accroché à une horloge. On peut tout d'abord être émerveillé par la qualité avec laquelle l'univers du film de départ est retranscrit. Dubosc est crédible dans ce rôle de héros de film muet. Puis le générique démarre et là le réalisateur fait sa première erreur. On sait qu'il fait un film populaire, il n'a pas besoin de nous l'appuyer en mettant "Quand t'es dans le désert" de Capdevieille. D'accord on va voir un film sur un personnage qui est perdu dans son identité et qui va passer par plusieurs pour enfin retrouver la sienne, mais est-il vraiment besoin de nous le préciser aussi lourdement. Mais bon ce ne peut etre qu'une erreur de démarrage, après tout les plus grands films ont aussi des moments de faiblesse. Mais je maintiens qu'une heure et demi de faiblesse ca fait trop.
Je m'apercois que je n'ai pas encore parlé de l'histoire. L'histoire vous la connaissez déjà si vous n'avez vu ne serait ce qu'une promotion télé du film. Un professeur de mathématique supérieur est envoyé dans le cinéma pour sauver Vivianne Cook, Sissi impératrice de son état, des griffes du plus méchant des méchants. C'est un bon concept ceci dit. Le problème est que cela ne reste qu'un concept. C'est vrai, à quoi bon développer une idée si elle est bonne au départ. L'idée en elle-même devrait suffire n'est ce pas ? Et bien non, un scénario ca se développe. Non seulement il n'est pas développé mais en plus l'humour y est navrant. A croire que Yann Moix a fait écrire ses dialogues par Michael Youn. Le sommet de la drôlerie est atteint par ce trait d'humour génial "tient méchant !" lorsque le héros tire sur un ennemi dans un western. Quant à la direction d'acteur n'en parlons pas : Pierre Francois Martin Laval (d'habitude très bon) surjoue au point de faire passer Christian Clavier pour un acteur à la sobriété shakespearienne. Même Franck Dubosc ne sait pas où se placer et fait du sous-Dubosc. Et encore du sous-dubosc dans les "pour toi public", c'est vous dire !
En d'autres termes si vous voulez un film qui rends hommage au cinéma, tournez vous davantage vers Soyez sympa rembobinez de Michel Gondry, que vers cet ersatz d'hommage qui n'utilise le prétexte du cinéma que pour un cabotinage de réalisateur : ce qui reconnaissons-le est plutôt rare.

mardi 20 octobre 2009

UNE HISTOIRE DU CINEMA




J'ai Grandi dans des salles obscures de Gauthier Jurgensen, JC Lattès







Une fois n'est pas coutume, ce n'est pas d'une fiction dont je vais parler mais bel et bien d'un essai. Quand je dis "essai" c'est évidemment le nom du genre et non une façon de dire que l'auteur de ce livre a tenté d'écrire quelque chose.

Avant de parler de ce qu'on trouve dans cet ouvrage, parlons deux minutes du bonhomme : Gauthier Jurgensen. Né en 1984, son étendue artistique est énorme. Il compte en effet plusieurs cordes à son arc : auteur-compositeur-interprète du groupe Karamazov, dramaturge, etc. Son univers, de ses chansons jusqu'à la pièce qu'il a adapté du film Transpotting, est emprunt d'une culture cinématographique vaste. On pourrait même dire que tout ce qu'il fait part du cinéma et parle du cinéma.

Il est donc normal que son premier livre soit une "histoire du cinéma". J'ai volontairement mis entre parenthèse ce terme puisque nous allons le voir, il utilise un biais plutôt original pour nous parler de cet amour qu'il éprouve cet art.

D'emblée, Gauthier Jurgensen nous prévient : il va parler de lui, beaucoup de lui. Il va tenter de profiler son portrait à travers quarante films. Quarante films qui l'ont marqués pour des raisons personnelles, émotionnelles, professionnelles. C'est ici que l'auteur est habile. En nous parlant de son rapport à ces films, il nous parle du rapport de tout à chacun au cinéma. Qui n'a pas vécu comme lui la situation privilégiée et émotionnellement importante de regarder un Sergio Leone avec son père ? De vivre cette petite bulle privée que peut créér des moments comme ca. Qui n'a pas rêver comme un gosse devant Indiana Jones et Star Wars ? Qui n'a pas vécu de choc en regardant Transpotting ? C'est en partant de son expérience personnelle qu'il parle de l'expérience universelle et de ce qui nous relie inextricablement au cinéma. Tout le monde pourrait faire un tel livre me direz-vous. Certes. Cependant Gauthier reste un artiste et parviens donc à capter là où on s'y attends le moins ce qui fait qu'un film est un chef d'oeuvre et que ces quarantes films dont il parlent resteront dans les mémoires pendant des années. Rien d'étonnant à ce que ce qu'il ait été plusieurs fois primés et qu'il a recu dernièrement le prix Allen d'histoire du cinéma.

Un livre donc à se procurer dans les plus brefs délais pour ceux qui aiment le cinéma et qui veulent comprendre pourquoi, et peut etre avoir un éclairage sur des moments de notre vie de spectateur.

lundi 19 octobre 2009

THANK YOU FOR THE MUSIC !



La Melodie du bonheur, réalisé par Robert Wise
1965


Cet article est le début d'une longue série sur les grandes comédies musicales américaines et ceci pour plusieurs raisons. La première est qu'au deuxième semestre je vais suivre un cours sur ce genre un peu mal vu des critiques. La seconde est que j'aime tout simplement cela. Et oui j'aime quand ca chante et ca danse à n'importe quel moment et pour n'importe quoi. Le berceau de la comédie musicale, l'endroit où elle a pris un essort formidable et a atteint des sommets de génie sont les Etats-Unis. Durant les années 1950 et 1960, un nombre incalculable de comédies musicales (à ne pas confondre avec les films musicaux) ont été produites. Trois grands noms de réalisateurs sortent du lot : Stanley Donen, Vincente Minelli et Robert Wise. C'est ce dernier qui est aux manettes d'une oeuvre gigantesque, tant dans sa durée que dans son contenu : The Sound of Music, La Mélodie du bonheur. Nous parlerons de Donen et Minelli à l'occasion d'autres articles un petit peu plus tard.
Avant les Jackson five, il y a eu les Von Trapp ! Qui ne connais pas l'histoire de cette riche famille dont la mère est décédée et qui retrouve gout à la vie grâce à une gouvernante un brin populaire et pleine de joie de vivre ? (Qui a dit Une nounou d'enfer ?!!) Qui ne connait pas cette histoire d'amour qui va naître entre la gouvernante et le maitre de maison, le capitaine Von Trapp ? (Je vous jure que si j'attrape celui qui vient de dire "Miss Fine et Monsieur Sheffield", je le pend en place publique). A l'instar de Mary Poppins, aussi joué par la pétillante et tellement belle Julie Andrews, ce film a traversé les époques et enchante encore les yeux et les oreilles de nombreux spectateur.
Mais à quoi cela tiens ? Qu'est ce qui rends ce film inoubliable ? La réponse la plus évidente semble être la musique. Les airs sont tantôt enjouée, tantot tendres mais jamais pleurnichard. Même quand le capitaine Von Trapp entonne Edelweiss, hymne à l'Autriche, devant une salle pleine de nazis comme un dernier chant de révolte, la musique est toute en finesse et ne tombe pas dans le mélodrame. Et justement parlons en de cela car la construction du film est particulière et la musique en dépend. Wise découpe son film en trois parties contrairement à ce que qu'on peut voir au premier abord : la première partie est l'arrivée de Maria chez les Von Trapp. C'est le moment des conflits d'idée entre elle et le capitaine, puis le retour de la joie dans la maison qui finira par le retour de Maria au couvent à cause d'une baronne jalouse de l'amour naissant entre la gouvernante et son maître. A ce point du film, tout les grands airs du films ont été chanté une fois chacun : de "Do-re-mi" à la chanson titre "The Sound of Music" en passant par "So Long Farewell". Pour respecter les codes du Musical scénique et aussi parce qu'à l'époque le projectionniste doit changer de bobines à ce moment, Wise intègre un "Entr'acte" où se succèdent les plans de montagnes. Pendant ce temps la vie pour les personnages changent et nous la reprenons plus tard tel que nous l'aurions fait sur scène. Ainsi débute la seconde partie : Maria reviens du couvent et assume ses sentiments, s'en suivra le mariage des deux protagonistes. Puis la troisième partie commence avec la menace nazi qui plane sur la famille Von Trapp et menace de les séparer. Dans les deuxième et troisième parties, les airs ne sont quasiment que des reprises des précédents, avec quelques variations. Cela signifie que cette musique qui permet de retrouver la joie, cette "mélodie du bonheur" reste intégrée au personnages après le changement qu'elle a effectuée chez eux, et reviens toujours plus forte dans les moments de rechute comme à la fin du film pour aider à tenir bon et ne pas se désespérer.
Du point de vue de la réalisation, Wise se pose à la fois en adéquation et en opposition à Minelli à Donen qui misent sur des chorégraphies qui bougent dans tout les sens. Ils préfère que le mouvement soit limité à son strict minimum et préfère capter les regards qui expriment mieux les sentiments des personnages que n'importe quel danse. Quand il faut du mouvement, tout reste très calme et c'est davantages des successions de lieux différents dans lesquels les personnages évoluent plutot que courir et sauter. Il y a quand même quelques chorégraphies mais ce n'est manifestement pas ce que préfère Wise.
Reste que ce film est un classique du genre qu'il faut ABSOLUMENT avoir vu au moins une fois, si ce n'est trente. Il est de ces films qui font du bien et on en a franchement besoin en cette période. Il ne me reste plus qu'à conclure en vous disant "So long, farewell, auf Wiedersehen, goodbye"

vendredi 16 octobre 2009

COPINAGE



Cette semaine, le hasard m'a emmené au cinéma voir cette petite merveille qu'est 500 jours ensemble (500 days of Summer). Le film m'a tellement emballé qu'il m'était venu à l'idée d'en faire la chronique sur ce blog comme je peux le faire depuis quelques semaines. Or mon cher ami Gauthier a déjà fait sur son blog une critique excellente en tout point (normal pour un étudiant en ciné) et avec laquelle, pour une fois, je suis totalement d'accord. Et comme on ne refait pas quelque chose qui a été bien fait la première, je me permet de vous renvoyer vers son blog http://newkingdom.skyblog.com . Et non ce n'est pas de la fainéantise de ma part :)

dimanche 11 octobre 2009

DUEL UN PEU MOU !








Mary Stuart de Friedrich Schiller, mise en scène de Stuart Seide, jusqu'au 18 Octobre 2009 au TGP de Saint Denis









Si il est un répertoire bien moins représenté en France que le reste, c'est bien celui des grand classiques allemand. Schiller fait partie de ces auteurs un peu mis de côté par les metteurs en scène contemporain, sûrement car ils savent que le choix qui se présente à eux n'est pas énorme. Si on monte du Schiller, il faut monter Marie Stuart et rien d'autre. C'est son grand chef d'oeuvre, et après tout si c'est la pièce que le public veut voir pourquoi doit-t-on s'en priver ? Mais qu'y-a-t-il de si intéressant chez Schiller pour qu'on veuille encore se pencher sur son théâtre ?



Pour bien décrire ce qu'on s'apprête à voir dans une pièce telle que Marie Stuart, il convient de rappeller que l'auteur à traduit Shakespeare et Racine. Et ce n'est pas sans conséquence. On retrouve dans ce duel inégal entre deux reines toute la densité des grandes pièces anglaises mais aussi les longs discours sur leurs états d'âmes des personnages raciniens. Arrêtons-nous tout de même deux minutes pour rappeller les faits : Marie Stuart, reine d'Ecosse déchue, pense trouver refuge en Angleterre chez sa soeur Elizabeth Ier. Au lieu de cela elle se trouve enfermée pendant 20 ans puis décapitée au nom d'une guerre de religion.



Alors certes la pièce est bonne, mais le théâtre ce n'est pas qu'un texte. Stuart Seide nous présente une version dépouillée du drame qui se trame sous nos yeux. Le décor est constitué de quatres panneaux qui peuvent s'ouvrir et se fermer pour tantôt provoquer une sensation d'enfermement, tantôt une liberté illusoires puisque l'horizon offert au spectateur se termine par une toile sur laquelle est projettée un ciel orageux. Quelques chaises sont disposées sur scène, bougeant selon les situations tel des pions d'échec. Stuart les renversera d'ailleurs quand elle a le sentiment d'avoir perdu comme on balaye du bras un plateau de jeu.Pour Seide, ce qui compte c'est le texte et non pas les décors fastueux et les beaux costumes. D'ailleurs Seide ne s'est pas non plus posé le problème des costumes puisque les personnages sont vêtus comme vous et moi, sûrement dans une tentative de rapprocher ces personnages historiques des spectateurs. Il arrive que les personnages porte des capes quand ils sont dans leur rôles politiques, pour les ôter dès que leur côté humain prends le dessus.


Tout repose donc sur les comédiens et sur la densité qu'ils vont donner à leur personnage. Le moins qu'on puisse dire c'est qu'on à affaire à une Elizabeth neurasthénique, une sorte de Jeanne Balibar couronnée. Elle fait glisser son texte de sa bouche, comme on déverserai un liquide. Tout est monocorde. Le seul moment de vérité apparaît quand la reine humilie en public la pauvre Stuart, prenant plaisir à la voir se traîner dans la terre. Stuart, quant à elle, reste très digne à tout instant et semble subir son sort avec sérénité. Mais à vouloir montrer deux caractères tellements différents, on prend le risque que les comédiens semblent jouer leur partition en solo là ou on devrait assister à un concerto. Et c'est malheureusement le cas. Et même si certains coups d'éclats sont à noter, l'ensemble reste trop sage. Trop doux. Le duel auquel on devait assister reste un échange banal de paroles qui semblent sans conséquences.


Je concois que ma critique reste rapide et ne fais qu'esquisser des points qui mériteraient d'être développer mais il faudrait pour cela plus d'espace que je n'en ai et l'analyse pure et dure serait bien trop fastidieuse pour être intéressante. Ce qu'il faut retenir c'est que l'occasion est trop belle pour se permettre de ne pas voir une pièce malheureusement peu jouée mais que cette version ne restera pas dans les annales tant elle est aseptisée et bien trop calibrée.

lundi 5 octobre 2009

LE VENT SOUFFLE ENCORE SUR BARCELONE



Quand vient la rentrée littéraire, le même genre d'inepties nous parviennent aux oreilles chaques années. La presse se fait un devoir de porter aux nues les habitués des parutions en Septembre (Amélie Nothomb, Yann Moix, Samuel Benchetrit), ou de mettre sous le feu des projecteurs leurs pontentiels remplacants vite oubliés une fois le mois d'Octobre commencé. De toutes manières, ces phénomènes de librairie nous parlent tous quasiment de la même chose : l'état du monde et combien il est triste. Alors le travail de quelqu'un comme moi qui prétend vous orienter vers de nouvelles expériences culturelles, ou le cas échéant vous en détourner comme pour le vomitif opéra rock que je ne citerai pas, est de parler de ce dont on parle moins. Cela reste compliqué pour le cas qui nous intéresse car ceux qui fréquente les librairies ou les mégastores n'ont pas pu s'empécher de voir cette couverture, tant elle est mise en avant. Et pour cause, le dernier livre en date de Carlos Ruiz Zafon fut en son temps un succès de librairie. L'Ombre du vent s'est écoulé à plus de 10 millions d'exemplaires dans 50 pays. Le nouvel opus de cette récente figure de proue de la littérature espagnole contemporaine était donc attendu avec impatience et angoisse. Ce qui avait plu dans le précédent livre était ce mélange atypique (comme les cactus !) de mystère, d'aventure, d'amour, de roman d'apprentissage : tout ceci enrobé d'une ode merveilleuse à Barcelone.
Vous connaissez mon goût pour les retrouvailles, aussi voici une nouvelle comparaison de mon cru : ce livre fait l'effet qu'on ressent quand on couche avec un ancien amant, c'est aussi bon qu'avant mais ca manque un peu de nouveauté. Nous sommes dans les années 1920, à Barcelone toujours, et notre héros se nomme David Martin. Jeune stagiaire chargé des faits divers au journal La Voz de la Industria, David caresse le rêve d'être auteur. L'occasion va lui être donné par son ami Vidal, grand journaliste, et Martin fait un petit succès sans pour autant rafler la mise. Un beau jour, un homme étrange venant de Paris lui fait une proposition : écrire pour lui un livre unique en son genre en échange de 100 000 francs. Dès lors que Martin accepte la propostion, un engrenage infernal va se mettre en marche et détruire tout ce qui l'entoure.
D'emblée Zafon nous plonge dans un thriller littéraire mâtinée de fantastique et la recette fonctionne. Quand on démarre le livre on ne le lâche pas, et après tout n'est pas ce qu'on demande à un thriller. Remarquez il m'est arrivé de ne pas parvenir à lâcher un livre très mauvais mais uniquement parce que ma colle liquide s'était déversé sur la couverture. Pour redevenir sérieux, le style de Zafon est suffisament descriptif pour qu'une image nette se fasse dans notre esprit, mais également d'une fluidité extraordinaire qui lui permet de nous faire vivre aux côtés du personnage. Voire même à la place du personnage, puisque c'est un récit à la première personne pour lequel il a opté. Encore une fois, les grands thèmes qu'il avait déjà abordé sont présents : le rapport direct entre la littérature et la vie, le côté sombre de l'âme humaine qui est en chacun et les amours qui semblent fait pour être idéaux sont voués à l'échec. Alors que peut on reprocher à Zafon sur son ouvrage qui a tant de qualité ? Il n'y a pas assez de prise de risque. Le roman est construit exactement comme le précédent. La mécanique des rebondissements est prévisible pour celui qui a lu L'ombre du Vent. Alors il y a, certes, une différence dans le personnage : là où on avait un roman d'apprentissage dans le premier, on assiste ici à un roman de la destruction. Le personnage ne va pas se construire mais au contraire perdre tout ses repères et ce qui fait qu'il est lui. Cependant mis à part cette légère différence, la ligne narrative est la même. Pire encore, Zafon se permet de nous laisser en suspens. Les grands points sont légèrement éclaircis mais pas exposés. C'aurait pu être un bon point pour un roman lambda, mais pour un thriller c'est problématique.
Rappellons tout de même que ce ne sont pas quelques points noirs qui ferait ressembler Zac Efron à Maïté, et que donc le plaisir est omniprésent à la lecture. Il existe même un phénomène étonnant qui est commun à bien peu de livre, le lecteur regrette de l'avoir fini et n'attends qu'une chose, se replonger dans ces aventures merveilleuses

mercredi 30 septembre 2009

Conte pour GRAND enfant

Il était une fois dans une région lointaine, très lointaine, bien au-delà des montagnes délimitant le monde connu, un royaume dont les habitants avaient tous été béni des dieux. Les hommes étaient grands, beaux, fort, athlétique, taillés dans du roc et visiblement gâtés par mère nature. Les femmes, quant à elles, étaient toutes magnifiques, intelligentes et savaient ne parler que quand le besoin s’en faisait sentir. Enfin bref, un royaume qui ne pouvait exister que dans les rêves les plus fous. Sur ce monde de gaieté et de paix régnait un roi sage et bienveillant dont le seul malheur était de n’avoir qu’une fille comme descendance. Jessie, car c’était bien là son nom, représentait l’archétype même de la femme parfaite : le sortilège jeté par une vilaine sorcière à sa naissance l’ayant rendue muette. Seul le baiser langoureux, et avec la langue, d’un prince charmant pouvait lui rendre la parole, maudissant par là même ledit prince. Aucun prince de la région ne voulait évidemment s’y risquer. Pensez donc, le dilemme est cornélien. Quel homme pourrait résister à la femme parfaite et n’aurait pas l’envie immédiate de l’embrasser ? Or une fois l’envie satisfaite, la princesse perd de sa perfection. Cependant, il existait au fin fond du royaume un petit prince de pacotille. Il s’appelait Tyler et était fou amoureux de la princesse si bien qu’on ne trouvait plus un seul mouchoir propre dans les environs. Sitôt qu’il appris que Jessie recherchait un bel homme pour mélanger sa salive et ainsi briser la malédiction, le sexe du prince ne fit qu’un tour dans son caleçon et il décida de partir sur le champ pour rejoindre la princesse. Il chevaucha pendant des jours et des nuits avant d’atteindre le château du roi. Enfin arrivé, il s’installa dans la salle de réception et se laissa tomber sur une chaise, exténué par son long périple. Il se releva immédiatement, non à cause de l’entrée du roi ou de sa fille dans la pièce, mais à cause du déclenchement d’une crise hémorroïdaire aiguë due au tapement de la selle pendant le voyage. Il attendit dans cette salle pendant des heures et des heures avant que la princesse Jessie n’apparaisse. Quand elle aperçus ce prince si bien habillé avec sa démarche de cow-boy, la princesse se sentit envahit d’une douce chaleur qui réchauffait son coeur, une chaleur qu’elle n’avait jamais ressentis auparavant. C’était l’amour, elle le savait. Son organe vital battait à toute allure et elle se sentait comme enivrée. Ils voulurent tout deux résister mais leur amour était trop fort et ils se sautèrent vivement dans les bras afin de se rouler un patin de tout les diables.

(extrait de "Morceaux de moi...ou des autres", pièce de Florian Vallaud. Dépot SACD)

LE CHARME SURANNE DE L'ENFANCE



Le Petit Nicolas (2009)
Un film de Laurent Tirard
avec
Maxime Godart
Kad Merad
Valérie Lemercier
Sandrine Kiberlaim


Il y a de cela plus d'une quinzaine d'années, un beau jour, papa et maman me prirent par la main et m'emmenèrent dans le plus beau pays qu'il m'ait été donné de voir. Ses habitants y vivaient des histoires extraordinaires. Ils étaient tantôt chevaliers, tantôt policiers, tantôt aventuriers, tantôt pirates. L'un d'entre eux, un petit gaulois à la moustache jaune, partagait même ses aventures avec un gros balèze tombé dans la marmite de potion magique quand il était petit. Je me délectais de ce monde merveilleux où rien ne semblait être comme dans le mien, où tout semblait facile. C'est par un agréable hasard que je fis la connaissance de Nicolas. Il était là, dans un coin, caché derrière Lucky Luke et Oumpa-Pah. Je ne l'ai pas tout de suite remarqué mais sa petite mine espiègle et ses traits fins m'ont vite interpellés. Je découvris alors un enfant comme moi, qui vivait des histoires d'écoles et de parents comme moi, qui rêvait tout comme...Il me présenta ses amis qui devinrent alors les miens : Alceste le gros qui mange tout le temps, Clothere le cancre, Agnan le premier de la classe...Ils avaient beau être des enfants des années 60 et moi un pur produit de la fin des années 80, nous vivions les mêmes choses et je les comprennaient autant qu'ils me divertissaient. Puis, j'ai grandi. Les années ont défilés. Les dizaines ont pointé le bout de leur nez et certains de mes amis d'enfance ont disparus. Pifou et Mickey sont partis après des adieux déchirants pour laisser place à Scully et Mulder. Mais Nicolas et tout ceux qui sont sortis de l'imagination de Goscinny font parti de ces amis d'enfance qu'on n'abandonne jamais. Ils sont dans un coin de notre coeur et y restent. C'est vous dire l'état dans lequel j'étais quand je me suis précipité en début d'après-midi dans les salles pour retrouver un vieil ami.
Comme dans toutes les retrouvailles, la peur de ne pas reconnaître la personne qu'on a quitté est palpable et omniprésente. Et si il avait perdu ce qui faisait qu'on l'aimait tant. Les premières images apparaissent sur l'écran, mon souffle est court. Comme pour faire durer le plaisir, Nicolas me rappelle avec malice qui est qui et le générique démarre. Une beauté de montage des dessins de Sempé, une musique datée dirons certains mais qui nous met tellement dans l'ambiance poétique et nostalgique du film. Et ça démarre. Nicolas, sur un quiproquo, pense que ses parents attendent un bébé et qu'ils vont l'emmener dans la forêt pour l'abandonner comme le Petit Poucet. Tout les moyens sont bons pour les convaincre de le garder, même les plus fous. L'univers de mon enfance est là, devant mes yeux : papa est là (non couscous !) toujours fidèle à lui-même, maman est toujours la meilleure maman du monde, la maîtresse est bienveillante et le surgé qui fait les gros yeux s'appelle toujours "le bouillon" ("parce que dans le bouillon y a des yeux"). Les enfants envahissent l'écran, prennent le pas sur Kad et Valérie Lemercier. Le ton est naïf, enfantin, drôle. Ce qui faisait que les histoires étaient drôles quand j'étais petit, ce côté "le monde d'adulte vu par les enfants" transparaît à merveille. Certains penseront que le film véhicule une image idéalisée à la Amélie Poulain, quelque chose qui serait trop lisse et trop bien pensant. Je leur répondrais que "oui" et c'est ça Le Petit Nicolas : L'enfance sans la vision déprimante des adultes. Et puis mince, il n'y a pas de mal à retomber en enfance de temps en temps surtout quand le produit est bon. La collaboration d'Alain Chabat, enfant spirituel de Goscinny, au scénario donne une saveur supplémentaire à cette madeleine de Proust.
C'est le coeur gonflé de bonheur mêlée à une infinie tristesse que je quitte mon siège pour regagner la vie d'adulte que je dois assumer. Mes pensées errent et vagabondent encore quelques heures après la scéance, pensant à ce magicien qu'était René Goscinny et au vide qu'il a laissé derrière lui. Je pense à cet enfant que j'étais qui a rêvé des heures durant grâce à ces héros magnifiques. Et finalement je me dis que j'ai bien fait de verser ma petite larme quand Nicolas dit qu'il peut enfin répondre à la question de la maîtresse "Que voulez-vous faire plus tard ?" et que sa réponse est "faire rire les gens". Tu vois Nicolas, encore maintenant nous sommes pareils...

lundi 28 septembre 2009

LE RETOUR DU ROI ( Kaamelott livre VI)


Si il est bien une saison attendue depuis belle lurette par les fans, c'est la sixième de Kaamelott. Au cas où vous auriez vécu sur une autre planète ces dernières années, je vais tenter de vous éclaircir rapidement sur ce dont on va parler. Un beau jour de Janvier 2005, les téléspectateurs de M6 voient débarquer sur leur écran une équipe de bras cassés bien déterminée à mettre un terme à la quête du Graal. Teinté de Monty Python et de Michel Audiard, cette épopée arthurienne prends une allure comique qui se décline en de petits épisodes de 3 minutes sans réels liens entre eux, sinon les tracas terre à terre de ces chevaliers de bas étage. Mais Alexandre Astier, auteur-réalisateur-compositeur de la série, en a sous le casque et est bien décidé à faire de cette shortcom une vraie série épique et innovante. Il explose alors les carcans dans lesquels il était enfermé et dynamite le format de 3 minutes pour en devenir 7 puis 52. Il va créer une chronologie, une mythologie des personnages, des vrais caractères, des failles. Le ton va se durcir au fur et à mesure des saisons pour nous laisser choqué à la fin de la cinquième : montrant un roi Arthur déprimé à l'idée de ne pas avoir de but ni de descendance qui se suicide. Dès lors, M6 ne fait que promettre la diffusion de la nouvelle saison sans pour autant donner de date précise. Elle est pourtant prête puisque le 25 Mars dernier, Alexandre Astier nous la présentait en ouverture du festival "Paris fait sa comédie" au grand Rex. J'ai eu le grand plaisir d'y être et d'assister à la projection des 7 premiers épisodes (sur 9 ca fait pas mal !).

L'action prend place 15 ans avant le début de la série, alors qu'Arthur n'est qu'Arthurus, troufion de l'armée romaine. Il n'a que de vagues souvenirs de son enfance bretonne et n'a aucune notion de la mission de haute importance qui l'attend. C'est l'heure de l'insouciance. Mais des magouilles politiques pour mettre la main sur l'ile de Bretagne vont le mêler malgré lui à l'avenir de cette terre dont il n'a que faire. La première chose que l'on remarque, c'est le retour en force de l'humour potache et bon enfant qui a fait les belles heures des premières saisons. La plupart des personnages sont de retour avec 15 ans de moins et nous comprenons ce qui a pu forger leurs caractères respectifs. L'apparition de Merlin tombant d'un arbre en fond d'image restera un de mes plus grands fou rires de la soirée. L'image est soignée et le scénario ne souffre d'aucune faiblesse, se payant même le luxe de former un grand film de plusieurs heures. Quant aux comédiens, outre les récurrents de la série, nous ne pouvons que saluer l'arrivée pêle-mêle de Pierre Mondy dans le rôle de César, Patrick Chesnay en député romain à se tordre de rire mais aussi Marthe Villalonga ( grand mère de Perceval). La liste est trop longue pour être citée. Il y a aussi du HBO dans cette saison. Tout d'abord parce que les décors ayant servis au tournage sont ceux de la série Rome, mais aussi pour la prise de liberté de Astier qui nous compte son histoire comme il l'entends et non comme il aurait dû le faire pour M6. Il y a du sexe, de la politique, des scènes d'actions, de l'humour : tout ce qu'on a pas l'habitude de voir dans une série française et qui fait que définitivement on a affaire à une série d'un genre nouveau.
Histoire de ne pas vous gâcher le plaisir de découvrir ce nouvel opus qui s'adresse tant aux initiés (les références aux saisons précédentes sont nombreuses et intelligemment menée) qu'aux néophytes qui trouveront ici une belle porte d'entrée dans la légende, je vais devoir m'arrêter là. Si la diffusion télé est sans cesses repoussée (elle était prévue pour le mois de Juin, puis de Septembre), la sortie du dvd, elle, est prévue pour le 28 Octobre (encore que des rumeurs prétende qu'elle sera repoussée).

dimanche 27 septembre 2009

ON A (encore) ASSASSINE MOZART !!!!



"A quoi bon mettre les petits plats dans les grands si c'est pour nous servir de la soupe ?", voilà ce qui m'est venu à l'esprit en ce jeudi soir à la sortie du palais des sports de Paris. Mais revenons un brin en arrière dans le temps. Pour l'anniversaire d'un ami cher (très cher), nous avions décidé ma "femme d'apparât" et moi de lui offrir des places pour ce spectacle tant attendu par le public de TF1. Le mattraquage médiatique à base de singles et d'affiche en tout genre depuis plus d'un an en faisant un événement incontournable de la rentrée, et qui donc devait de ne pas rater son entrée. A ce niveau là ce n'est plus un ratage, c'est un naufrage bien qu'il y ait eu de bons moments.

20h15, nous arrivons au palais des sports et les premières bonnes surprises de la soirée se présentent : un vendeur de programme très mignon et des sièges dans la salle plutot confortable. Durant 1/2 heure, les deux écrans de chaque côté de la scène diffusent tantôt une publicité pour radio classique (histoire de nous montrer que nous venons nous culturer aussi), le retour de Gad Elmaleh (histoire de faire vendre pour le prochain spectacle à venir) et la bande annonce de Mozart L'opéra Rock (histoire de rappeller aux cons ce qu'ils sont venus voir si il leur était venu à l'esprit de l'oublier). Le spectacle démarre alors et là, c'est le drame ! Pas immédiatement c'est vrai, mais le mauvais va très vite prendre le dessus. Les seuls moments intéressants, musicalement bien sûr, sont ceux où l'on peut entrendre des parties du Requiem ou de L'enlèvement au sérail : donc tout ce qui n'est pas dû aux créateurs du spectacle. Car, non content de conforter Gad Elmaleh dans sa vision simpliste des paroles de comédies musicales françaises, Mozart ose se payer le luxe de chansons inutiles à l'intrigue tel le tube Tatoue-Moi qui s'échoue dans l'intrigue comme de la pâtée pour chat dans un gâteau aux chocolat : ça doit sûrement plaire à des gens mais ca n'a quand même rien à foutre là !

Car parlons en de l'intrigue ! Enfin pour en parler faudrait-il qu'il y en ai une. Dove Attia, dans une interview accordée à Europe 1 en Avril dernier, avait déclaré qu'il voulait s'intéresser au personnage de Mozart et peut être réussir à faire naître une nouvelle curiosité chez les spectateurs comme il prétend l'avoir fait pour Le Roi Soleil. Les rares références historiques sont juste quoique trop anecdotique pour être motif de curiosité. De plus, durant deux heures de spectacles nous voyons s'agiter devant nos yeux un Mozart à l'accent italien (Michelangelo Loconte) et d'une futilité sans nom. Ceci est bien loin du Wolfgang connu, certes très porté sur les femmes, mais aussi d'une rigueur musicale et pour qui composer est toute sa vie. Mon ami de ce soir m'a répondu que c'est une adaptation et qu'il est donc normal que tout ne soit pas fidèle. Il marque un point. Cependant une adaptation doit aussi, et surtout, retranscrire la substance de ce qu'elle adapte même si elle en change le déroulement. Mais le personnage de Mozart est vide : vide de sens, vide de caractère. C'est ici un pantin. Loconte se contente d'imiter le jeu du comédien qui incarnait le rôle dans Amadeus de Milos Forman. Ne parlons pas de Melissa Mars qui "joue" le premier amour de Mozart qui, si on en croit le spectacle, ressemblait beaucoup dans sa gestuelle et son parlé à...Melissa Mars. C'est quand même dommage qu'elle est dû mettre une robe d'époque ; quitte à ne pas jouer de rôle autant ne pas perdre de temps à se déguiser. Seule mention spéciale à Florian Mothe, interprète de Saliéri, qui par une seule chanson ("Le bien qui fait mal") arrive à donner toute la force du débat intérieur qui a dû naître chez ce rival de Mozart.

Je pourrais m'acharner pendant des heures sur chaques minutes de ce spectacle sclérosé, mais rien ne sert de prendre plus d'espace qu'il n'en est besoin. J'ai déjà trop parlé. Je vous renvois à l'article du nouvel obs très intéressant et qui soulève avec drôlerie et intelligence d'autres points noirs du spectacle (http://artsetspectacles.nouvelobs.com/p2342/a409580.html). Pour tout ceux qui voudrait découvrir le vrai personnage tout en s'amusant, je vous envoie vers le film de Forman sus-nommé, un pur chef d'oeuvre.

lundi 21 septembre 2009

LE GARCON QUI EN FAISAIT TROP



Autant vous rassurer tout de suite, je n'ai pas de telles lacunes en anglais au point de ne pas savoir traduire le titre du nouveau Mika : "The boy who knew too much". J'ai bien compris que cela voulais dire "le garcon qui en savais trop". Je sais aussi que c'est un détournement d'un titre de film d'Hitchcock. Je sais aussi que la référence n'est qu'anecdotique. Je me doute également de ce que vous pensez à l'instant : "on entends parler que de cela en ce moment, ca en devient saoulant !" Vous préférez que je vous parle de la grippe A ? Alors parlons musique ! Hormis le fait que Mika ressemble à une de mes anciennes conquêtes, ce qui entre parenthèse n'intéresse que moi, ce nouvel album marque à la fois un retour et une évolution. Alors que son dernier album de 2007 avait explosé telle une petite bombe de bonheur, l'attente d'une nouvelle fournée se faisait longue. La question qui se pose est la suivante : "l'album est-il à la hauteur de l'attente ?" Pour répondre franchement, oui. Non seulement il contient tout ce qui nous plaisait dans le précédent, mais en plus il apporte une touche plus adulte à l'ensemble. Comme si l'oeuvre de Mika grandissait à chaque album. On l'a connue enfant rêveur (Grace Kelly) pour qui tout semblait facile (Relax take it easy), qui découvrait les premiers émois amoureux et la douleur qui les accompagne dans Life in a cartoon motion. Ici tout est annoncé dès la première chanson, c'est l'heure de l'adolescence, le passage de l'enfance à l'âge adulte. Il est effectué en douceur grâce à une première partie calquée sur le premier album. Chanson par chanson, Mika va nous emmener vers un univers musical plus vaste que de la pop disco à laquelle on avait tendance à le cantoner. Les airs se font moins dansant et plus proche d'une pop anglaise traditionnelle.

Mais ne vous y trompez pas, ce n'est pas parce qu'il évolue que Mika se formate. Toute la force de sa musique c'est d'être identifiable dès les premières notes. On allume la radio et on ne peut pas ne pas le reconnaître. Certaines personnes pourront être décus par ce nouvel opus, ne lui trouvant pas la puissance du premier, d'autres penseront qu'on contraire il ne fait que gagner en crédibilité en évoluant musicalement. En tout cas il s'agit d'un album à avoir dans sa discothèque et qui mérite qu'on se penche vraiment dessus pour l'apprécier pleinement et non qu'on le consomme en bruit de fond.

mercredi 16 septembre 2009

LA RENTREE DES SERIES PART 2


Et voici la suite tant attendue de l'article précedent (du moins tant attendu par Ludovic) sur la période palpitante de la rentrée des séries télés. Pour ma défense cher Ludovic, je me voyais mal faire un condensé de tout ce qu'il y a à dire en un seul article pour la simple et bonne raison que le sujet est trop vaste pour réussir à tout faire tenir en un article. Ou alors cela serait un article de trois pages et personne ne le lirait. Cette fois-ci, nous allons parler des dates de reprises US de vos séries préférés et de quelques petites nouveautés qu'il faut surveiller ou éviter.


Dans la catégorie "curiosité", CW a lancé le 8 Septembre le grand retour d'une des séries phares des années 1990 : j'ai nommé Melrose Place. Après Beverly Hills, la saison dernière gageons qu'un énième remake saura attisé la curiosité de certains et en agacé d'autres (comme votre serviteur). En même temps je n'étais pas un grand fan de la version originale. CW va également surfé sur la vague Twilight avec Vampire Diaries dès le 10. Le lendemain, la Fox tente un pari risqué : la série comédie musicale avec Glee. Certes il y a eu des exemples dans le passé mais dans l'ensemble assez ratés. Dans le cas présent il semblerait que cela tournerait plus vers High School Musical que Fame. Une série à suivre et je ne manquerait pas d'y revenir. Pour cette première semaine de reprise, Supernatural revient avec le retour de Lucifer sur Terre. Espérons que cette saison sera un brin plus musclée que la précédente qui s'est perdue dans une crise de catholicisme, allant jusqu'à créer l'évangile selon les Winchester. Saluons aussi le retour de notre serial killer préféré, Dexter qui se trouve affublé d'un bébé pour la saison 4 dès le 27 Sur Showtime et, sur la même chaîne, de Californication.

Autres dates à retenir, le 21 retour de Heroes pour une quatrième saison, dernière chance avant l'annulation. Si l'audience de la premiere saison avait été extraordinaire, les scénaristes n'ont pas su renouveller l'intéret du public. Les intrigues étaient soient trop simplistes (saison 2) soit trop complexes (saison 3). A moins d'une énorme surprise, la fin de cette saison marquera sans nul doute le chant du cygne d'une série de super héros unique en son genre qui n'a malheureusement pas su captiver le grand public.

lundi 14 septembre 2009

UNE PIECE SAUVAGE


Un Coeur Sauvage de Christophe Botti, en dvd chez Antiprod, 23 euros


"L'amour est une discrétion qui saute toujours aux yeux" s'écrit Virgine à son meilleur amie Mathan, 17 ans et homosexuel. Tout du moins il se découvre homosexuel. Il commence à appréhender le désir, l'amour d'un autre homme et la difficulté de l'assumer. Il passe par toutes les étapes que peut vivre un jeune de son âge : la peur, l'homophobie, etc. Il va même jusqu'à frôler la mort. Et tout cela pour quoi ? Pour l'amour de François, jeune éphèbe beau comme un Dieu qui sort avec sa meilleure amie. Virginie aime Francois. Mathan aime Francois. Francois ne sait pas qui aimer...
Ce qui frappe en premier dans pièce écrite et mise en scène par les frères Christophe et Stéphane Botti, c'est l'économie de moyen qui est employée. Des draps blancs le long de la scène, un écran au fond où projeter des images, trois changements de lumière et l'affaire est reglée. Et bien, cette économie de moyen profite pleinement à la pièce car après tout ce n'est pas tant l'action qui importe que le texte. Et dans une intrigue tellement rebattue sur la confusion des sentiments et des désirs, Christophe Botti trouve à se démarquer par un texte tout en retenue. Les personnages n'ont pas besoins de palabrer des heures sur leurs sentiments pour qu'on comprenne l'évolution de Mathan, ou le refus d'être bisexuel de François.
Cette retenue est renforcée par le jeu des comédiens tout en finesse. Un seul échange de regard suffit entre Edouard Collin, qui joue Mathan, et Julien Alluguette, qui joue François (forcément suivez un peu il va pas jouer Virginie !!) pour savoir que ces deux là sont attirés inévitablement l'un par l'autre. D'ailleurs parlons-en d'Edouard Collin, ce bel homme tantot nu dans un film ou tantot nu sur scène. Et bien là ce n'est pas le cas il ne se contente d'enlever que le haut mais nous gratifie d'une scene d'une sensualité abyssale à travers un rideau tout d'abord puis en corps à corps avec François. Fantasmes mis à part, un metteur en scène devrait jeter un oeil à cette pièce là avant de rejeter Edouard Collin, le considérant comme un acteur de boulevard ou qui joue très mal la mort du SIDA dans Né en 1968. Cette pièce montre qu'il existe en tant que comédien au delà de sa plastique avantageuse et qu'il sait jouer avec une finesse exemplaire un rôle qui aurait pu être vite caricatural. Alors oui il est abonné aux rôles d'homosexuel mais je suis certain que si on lui donnait sa chance dans autre chose, il pourrait y montrer l'étendu de son talent à condition d'être bien dirigé.
Il s'agit donc d'une pièce sensible, extremement bien écrite et drôle par moment qu'il ne faut rater sous aucun prétexte sous peine d'être pendu en place public. Elle est encore disponible en dvd chez Antiprod pour seulement 23 euros, une occasion à ne pas manquer donc. Et peut être retrouverez vous comme moi ce coeur sauvage dès début qu'une personne à réussi à dompter, ou pas......

OU COMMENT LES PRODUCTEURS ONT "JUMPER" L'ETAPE SCENARIO



Jumper (Jumper)
Réalisateur : Doug Liman
Sortie : 20 Février 2008
Genre : Science Fiction
Acteur : Hayden Christensen, Samuel L. Jackson

"Le monde n'a plus de limites", annoncait le slogan aguicheur de l'affiche. Le scénario, si ! Je me doute que cela peut sembler un peu tranchant comme avis, mais pourtant que dire d'autre sur un film comme celui qui m'est tombé entre les mains hier soir. Histoire de renouer avec la tradition du film du Dimanche soir qu'a pu insinuer dans nos cerveaux la chaine malfaisante TF1 (ahahaha la méchante !), Je me suis dit "pourquoi pas regarder un film d'aventure et d'action facile à voir et qui ne prends pas la tête". Pour être servis, j'ai été servis. Le dvd qui se présentait à mes yeux, avides d'informations qui pourraient donner envie de le mettre dans cet appareil de rêve qu'on nomme lecteur, annoncait "par le réalisateur de La Mémoire dans la peau". Je me dis alors que celui qui nous a apporté la deuxième meilleure saga d'espionnage après James Bond ne pouvait pas faire un film foncièrement mauvais : que je suis naïf ! Tout est possible dans ce monde magique du cinéma, même les plus immondes ratages.
Attention, je ne dis pas que ce film est un immondice qui ne mérite d'etre vu qu'armé de gants mappa et d'un sac hygiénique pour crottes de chien, non !! Je ne dis pas non plus qu'on ne prend aucuns plaisirs à le regarder : les présences d'Hayden Christensen et de Jamie Bell à l'écran sont assez plaisantes il faut bien l'avouer. Alors quoi ? Qu'est-ce qu'il fait que ce film ne trouve pas grâce à mes yeux, moi pauvre adepte des films pop corn. Il faut lorgner du côté du scénario pour trouver la réponse.
J'aimerais avant tout m'excuser pour les personnes qui n'auraient pas vu le film et qui ne veulent pas connaitre la fin, mais il m'est impossible de raconter le synopsys sans dévoiler la fin. Non pas que ce ne soit pas compréhensible sans la fin, mais le début est la fin dans le sens où la bonne idée de départ ne décolle pas. On en reste au même point : David Rice découvre qu'il a le don de "jumper" d'un endroit à un autre et qu'une société secrète, les paladins, se charge d'éliminer toutes les personnes ayant cette aptitude. Dès lors il est pris en chasse par Roland (Samuel L. Jackson qui n'a ici que deux rides d'expressions comme David Caruso dans Les Experts : Miami) et tente de sauver sa peau et son entourage. Alors, certes il y a des révélations (du moins UNE) et ce jeu de cache-cache est plaisant. Mais il manque quelque chose pour en faire un bon film : un narration. Une histoire qui irait d'un point A à un point B ; et pas une histoire qui va d'un point A pour y revenir en nous faisant croire qu'il y a peut etre un point B de prévu.
En somme, le film pourrait être qualifié de "politique" : il fait des promesses alléchantes mais ne les tient pas. Il semblerait qu'un deuxième opus est prévu pour 2011 mais si les scénaristes avancent aussi vite que dans celui là, nous aurons des réponses dans Jumper 11. Depuis La Mémoire dans la peau, Doug Liman nous a gratifié du simpliste Mr & Mrs Smith et donc Jumper : une question me taraude "qu'a-t-il fait des scénaristes et de son talent ?"

lundi 7 septembre 2009

LA RENTREE SERIES US SE PRECISE


Non seulement elle se précise, mais de plus elle parait alléchante. Sans compter le retour des séries traditionnelles tel que House, Desperate Housewives ou encore Supernatural (sur lesquelles nous aurant l'occasion de revenir), une plétore de nouveautées pointent le bout de leur nez et méritent qu'on les surveillent.
Après l'annulation consécutive de Stargate SG-1 et de Stargate Atlantis, Robert C. Cooper et Brad Wright nous sortent de leur chapeau une troisième fournée de la franchise : Stargate Universe. Depuis quelques mois les teasers et les informations pleuvent. On sait déjà que les épisodes seront aux nombres de 20, que l'un des personnages principaux sera interprété par Robert Carlyle (The Full Monty) et que Michael Shanks, l'éternel Daniel Jackson de SG-1, fera des apparitions répétées au cours de la première saison. De plus un extrait de 5 minutes a été diffusé sur la chaine SciFi et relayé pour nous, pauvre francais, par Allociné http://www.allocine.fr/article/fichearticle_gen_carticle=18481595.html . Les premiers extraits semblent spectaculaire comme a pu l'être le pilote de SG-1 en son temps. Reste à savoir si le succès sera au rendez vous et si les scénaristes tiendrons la longueur.
Autre "événement", le retour sur ABC d'une série culte de notre jeunesse V . Il semblerait que les scénaristes soient en manque d'inspiration puisque ce remake fait suite à deux tentatives ratées la saison dernière Bionic Woman et K-2000 . Il serait bon de rappeller que ce n'est pas parce qu'une recette était bonne il y a quelques années que les mêmes éléments peuvent faire à nouveau succès à notre époque. Espérons que la même folie ne viendra pas à l'esprit de nos scénaristes francais, sinon je crains le retour de L'Homme du picardie et de Maigret.
Et dans la catégorie des "séries qu'on attend pas", Three Rivers que va lancer CBS dont le principe est le suivant : une transplantation d'organe, trois personnes différentes pour ce processus, trois visions à part du même événement. Encore une énième série qui nous rappelle que nous aussi pouvons passer à tout moment sur le billard et alimenter une paranoïa déjà croissante chez le public pour les maladies. De plus, le concept du même événement vu de plusieurs points différents à déjà été fait et refait (Boomtown, Six degrees,etc) et a toujours subi un échec cuisant.
Enfin bref, tout ceci m'a l'air fort excitant il ne reste qu'à se laisser surprendre car on sait trop bien qu'un train peut en cacher un autre et qu'un Fillon peut cacher un Sarko :p

dimanche 6 septembre 2009

Ca commence mal !

Entendons-nous bien, je ne parles pas du premier article de ce blog qui, d'apres moi, commence plutot pas mal. Non, ce qui commence mal, c'est cette rentrée ! A peine les touristes étrangers sont-ils rentrés dans leurs pays respectifs au grand bonheur de notre Brice H. préféré ; et que les notres sont revenus blancs comme des linges de leurs vacances sur les bords de Marne (merci la crise !), les problèmes reprennent leurs droits et viennent envahir nos têtes.
Je vous passerais les détails du décès de Michael Jackson qui a fait les choux gras des journaux pendant deux mois. Rappellons que la famille a mis deux mois à décider où l'enterrer : sûrement le temps de se rappeller si c'était dans la boite verte ou la boite jaune qu'on mettait le plastique.
Je ne vous parlerais pas non plus de ce chef d'oeuvre intellectuel qu'a été encore une fois l'émission de TF1 "Secret Story" avec des expressions telles que "Je suis têtue comme une moule". La chaine historique nous a encore montré que audience ne rimait pas avec classe puisque le trash a atteint des hauteurs inégalées. Des douches nues par ci, des touche pipi par là...Je ne dis pas que je suis contre le fait de voir des corps nus, c'est très esthétique. Mais enfin quitte à nous faire des films érotique ca servait à rien de les supprimer de M6 pour les transferer à 19h sur TF1.
Non, je ne vous parlerais pas de tout cela. La grosse infos du jour nous vient de Belgique. Samedi, la télé belge a accusé notre petit Nicolas national de mettre en scène ses visites dans les usines. Alors de deux choses l'une comme dirait Desproges, soit les visites sont truquées et ca m'étonnerait pas mal ; soit elles ne sont pas truquées et ca m'étonnerait quand même beaucoup. Parce que si on va par là on va finir par dire que les journalistes avaient été prévenues que Nicolas et Carla allaient faire un tour à Disneyland. Comme si notre président était un président qui se souciait de son image et de chaques détails. Comme si chacune de ses sorties étaient orchestrées pour faire du bruit. Non décidément, je pense que la télé belge doit se tromper...ou pas.