
La Melodie du bonheur, réalisé par Robert Wise
1965
Cet article est le début d'une longue série sur les grandes comédies musicales américaines et ceci pour plusieurs raisons. La première est qu'au deuxième semestre je vais suivre un cours sur ce genre un peu mal vu des critiques. La seconde est que j'aime tout simplement cela. Et oui j'aime quand ca chante et ca danse à n'importe quel moment et pour n'importe quoi. Le berceau de la comédie musicale, l'endroit où elle a pris un essort formidable et a atteint des sommets de génie sont les Etats-Unis. Durant les années 1950 et 1960, un nombre incalculable de comédies musicales (à ne pas confondre avec les films musicaux) ont été produites. Trois grands noms de réalisateurs sortent du lot : Stanley Donen, Vincente Minelli et Robert Wise. C'est ce dernier qui est aux manettes d'une oeuvre gigantesque, tant dans sa durée que dans son contenu : The Sound of Music, La Mélodie du bonheur. Nous parlerons de Donen et Minelli à l'occasion d'autres articles un petit peu plus tard.
Avant les Jackson five, il y a eu les Von Trapp ! Qui ne connais pas l'histoire de cette riche famille dont la mère est décédée et qui retrouve gout à la vie grâce à une gouvernante un brin populaire et pleine de joie de vivre ? (Qui a dit Une nounou d'enfer ?!!) Qui ne connait pas cette histoire d'amour qui va naître entre la gouvernante et le maitre de maison, le capitaine Von Trapp ? (Je vous jure que si j'attrape celui qui vient de dire "Miss Fine et Monsieur Sheffield", je le pend en place publique). A l'instar de Mary Poppins, aussi joué par la pétillante et tellement belle Julie Andrews, ce film a traversé les époques et enchante encore les yeux et les oreilles de nombreux spectateur.
Mais à quoi cela tiens ? Qu'est ce qui rends ce film inoubliable ? La réponse la plus évidente semble être la musique. Les airs sont tantôt enjouée, tantot tendres mais jamais pleurnichard. Même quand le capitaine Von Trapp entonne Edelweiss, hymne à l'Autriche, devant une salle pleine de nazis comme un dernier chant de révolte, la musique est toute en finesse et ne tombe pas dans le mélodrame. Et justement parlons en de cela car la construction du film est particulière et la musique en dépend. Wise découpe son film en trois parties contrairement à ce que qu'on peut voir au premier abord : la première partie est l'arrivée de Maria chez les Von Trapp. C'est le moment des conflits d'idée entre elle et le capitaine, puis le retour de la joie dans la maison qui finira par le retour de Maria au couvent à cause d'une baronne jalouse de l'amour naissant entre la gouvernante et son maître. A ce point du film, tout les grands airs du films ont été chanté une fois chacun : de "Do-re-mi" à la chanson titre "The Sound of Music" en passant par "So Long Farewell". Pour respecter les codes du Musical scénique et aussi parce qu'à l'époque le projectionniste doit changer de bobines à ce moment, Wise intègre un "Entr'acte" où se succèdent les plans de montagnes. Pendant ce temps la vie pour les personnages changent et nous la reprenons plus tard tel que nous l'aurions fait sur scène. Ainsi débute la seconde partie : Maria reviens du couvent et assume ses sentiments, s'en suivra le mariage des deux protagonistes. Puis la troisième partie commence avec la menace nazi qui plane sur la famille Von Trapp et menace de les séparer. Dans les deuxième et troisième parties, les airs ne sont quasiment que des reprises des précédents, avec quelques variations. Cela signifie que cette musique qui permet de retrouver la joie, cette "mélodie du bonheur" reste intégrée au personnages après le changement qu'elle a effectuée chez eux, et reviens toujours plus forte dans les moments de rechute comme à la fin du film pour aider à tenir bon et ne pas se désespérer.
Du point de vue de la réalisation, Wise se pose à la fois en adéquation et en opposition à Minelli à Donen qui misent sur des chorégraphies qui bougent dans tout les sens. Ils préfère que le mouvement soit limité à son strict minimum et préfère capter les regards qui expriment mieux les sentiments des personnages que n'importe quel danse. Quand il faut du mouvement, tout reste très calme et c'est davantages des successions de lieux différents dans lesquels les personnages évoluent plutot que courir et sauter. Il y a quand même quelques chorégraphies mais ce n'est manifestement pas ce que préfère Wise.
Reste que ce film est un classique du genre qu'il faut ABSOLUMENT avoir vu au moins une fois, si ce n'est trente. Il est de ces films qui font du bien et on en a franchement besoin en cette période. Il ne me reste plus qu'à conclure en vous disant "So long, farewell, auf Wiedersehen, goodbye"
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