Mary Stuart de Friedrich Schiller, mise en scène de Stuart Seide, jusqu'au 18 Octobre 2009 au TGP de Saint Denis
Si il est un répertoire bien moins représenté en France que le reste, c'est bien celui des grand classiques allemand. Schiller fait partie de ces auteurs un peu mis de côté par les metteurs en scène contemporain, sûrement car ils savent que le choix qui se présente à eux n'est pas énorme. Si on monte du Schiller, il faut monter Marie Stuart et rien d'autre. C'est son grand chef d'oeuvre, et après tout si c'est la pièce que le public veut voir pourquoi doit-t-on s'en priver ? Mais qu'y-a-t-il de si intéressant chez Schiller pour qu'on veuille encore se pencher sur son théâtre ?
Pour bien décrire ce qu'on s'apprête à voir dans une pièce telle que Marie Stuart, il convient de rappeller que l'auteur à traduit Shakespeare et Racine. Et ce n'est pas sans conséquence. On retrouve dans ce duel inégal entre deux reines toute la densité des grandes pièces anglaises mais aussi les longs discours sur leurs états d'âmes des personnages raciniens. Arrêtons-nous tout de même deux minutes pour rappeller les faits : Marie Stuart, reine d'Ecosse déchue, pense trouver refuge en Angleterre chez sa soeur Elizabeth Ier. Au lieu de cela elle se trouve enfermée pendant 20 ans puis décapitée au nom d'une guerre de religion.

Alors certes la pièce est bonne, mais le théâtre ce n'est pas qu'un texte. Stuart Seide nous présente une version dépouillée du drame qui se trame sous nos yeux. Le décor est constitué de quatres panneaux qui peuvent s'ouvrir et se fermer pour tantôt provoquer une sensation d'enfermement, tantôt une liberté illusoires puisque l'horizon offert au spectateur se termine par une toile sur laquelle est projettée un ciel orageux. Quelques chaises sont disposées sur scène, bougeant selon les situations tel des pions d'échec. Stuart les renversera d'ailleurs quand elle a le sentiment d'avoir perdu comme on balaye du bras un plateau de jeu.Pour Seide, ce qui compte c'est le texte et non pas les décors fastueux et les beaux costumes. D'ailleurs Seide ne s'est pas non plus posé le problème des costumes puisque les personnages sont vêtus comme vous et moi, sûrement dans une tentative de rapprocher ces personnages historiques des spectateurs. Il arrive que les personnages porte des capes quand ils sont dans leur rôles politiques, pour les ôter dès que leur côté humain prends le dessus.
Tout repose donc sur les comédiens et sur la densité qu'ils vont donner à leur personnage. Le moins qu'on puisse dire c'est qu'on à affaire à une Elizabeth neurasthénique, une sorte de Jeanne Balibar couronnée. Elle fait glisser son texte de sa bouche, comme on déverserai un liquide. Tout est monocorde. Le seul moment de vérité apparaît quand la reine humilie en public la pauvre Stuart, prenant plaisir à la voir se traîner dans la terre. Stuart, quant à elle, reste très digne à tout instant et semble subir son sort avec sérénité. Mais à vouloir montrer deux caractères tellements différents, on prend le risque que les comédiens semblent jouer leur partition en solo là ou on devrait assister à un concerto. Et c'est malheureusement le cas. Et même si certains coups d'éclats sont à noter, l'ensemble reste trop sage. Trop doux. Le duel auquel on devait assister reste un échange banal de paroles qui semblent sans conséquences.
Je concois que ma critique reste rapide et ne fais qu'esquisser des points qui mériteraient d'être développer mais il faudrait pour cela plus d'espace que je n'en ai et l'analyse pure et dure serait bien trop fastidieuse pour être intéressante. Ce qu'il faut retenir c'est que l'occasion est trop belle pour se permettre de ne pas voir une pièce malheureusement peu jouée mais que cette version ne restera pas dans les annales tant elle est aseptisée et bien trop calibrée. 
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