lundi 5 octobre 2009

LE VENT SOUFFLE ENCORE SUR BARCELONE



Quand vient la rentrée littéraire, le même genre d'inepties nous parviennent aux oreilles chaques années. La presse se fait un devoir de porter aux nues les habitués des parutions en Septembre (Amélie Nothomb, Yann Moix, Samuel Benchetrit), ou de mettre sous le feu des projecteurs leurs pontentiels remplacants vite oubliés une fois le mois d'Octobre commencé. De toutes manières, ces phénomènes de librairie nous parlent tous quasiment de la même chose : l'état du monde et combien il est triste. Alors le travail de quelqu'un comme moi qui prétend vous orienter vers de nouvelles expériences culturelles, ou le cas échéant vous en détourner comme pour le vomitif opéra rock que je ne citerai pas, est de parler de ce dont on parle moins. Cela reste compliqué pour le cas qui nous intéresse car ceux qui fréquente les librairies ou les mégastores n'ont pas pu s'empécher de voir cette couverture, tant elle est mise en avant. Et pour cause, le dernier livre en date de Carlos Ruiz Zafon fut en son temps un succès de librairie. L'Ombre du vent s'est écoulé à plus de 10 millions d'exemplaires dans 50 pays. Le nouvel opus de cette récente figure de proue de la littérature espagnole contemporaine était donc attendu avec impatience et angoisse. Ce qui avait plu dans le précédent livre était ce mélange atypique (comme les cactus !) de mystère, d'aventure, d'amour, de roman d'apprentissage : tout ceci enrobé d'une ode merveilleuse à Barcelone.
Vous connaissez mon goût pour les retrouvailles, aussi voici une nouvelle comparaison de mon cru : ce livre fait l'effet qu'on ressent quand on couche avec un ancien amant, c'est aussi bon qu'avant mais ca manque un peu de nouveauté. Nous sommes dans les années 1920, à Barcelone toujours, et notre héros se nomme David Martin. Jeune stagiaire chargé des faits divers au journal La Voz de la Industria, David caresse le rêve d'être auteur. L'occasion va lui être donné par son ami Vidal, grand journaliste, et Martin fait un petit succès sans pour autant rafler la mise. Un beau jour, un homme étrange venant de Paris lui fait une proposition : écrire pour lui un livre unique en son genre en échange de 100 000 francs. Dès lors que Martin accepte la propostion, un engrenage infernal va se mettre en marche et détruire tout ce qui l'entoure.
D'emblée Zafon nous plonge dans un thriller littéraire mâtinée de fantastique et la recette fonctionne. Quand on démarre le livre on ne le lâche pas, et après tout n'est pas ce qu'on demande à un thriller. Remarquez il m'est arrivé de ne pas parvenir à lâcher un livre très mauvais mais uniquement parce que ma colle liquide s'était déversé sur la couverture. Pour redevenir sérieux, le style de Zafon est suffisament descriptif pour qu'une image nette se fasse dans notre esprit, mais également d'une fluidité extraordinaire qui lui permet de nous faire vivre aux côtés du personnage. Voire même à la place du personnage, puisque c'est un récit à la première personne pour lequel il a opté. Encore une fois, les grands thèmes qu'il avait déjà abordé sont présents : le rapport direct entre la littérature et la vie, le côté sombre de l'âme humaine qui est en chacun et les amours qui semblent fait pour être idéaux sont voués à l'échec. Alors que peut on reprocher à Zafon sur son ouvrage qui a tant de qualité ? Il n'y a pas assez de prise de risque. Le roman est construit exactement comme le précédent. La mécanique des rebondissements est prévisible pour celui qui a lu L'ombre du Vent. Alors il y a, certes, une différence dans le personnage : là où on avait un roman d'apprentissage dans le premier, on assiste ici à un roman de la destruction. Le personnage ne va pas se construire mais au contraire perdre tout ses repères et ce qui fait qu'il est lui. Cependant mis à part cette légère différence, la ligne narrative est la même. Pire encore, Zafon se permet de nous laisser en suspens. Les grands points sont légèrement éclaircis mais pas exposés. C'aurait pu être un bon point pour un roman lambda, mais pour un thriller c'est problématique.
Rappellons tout de même que ce ne sont pas quelques points noirs qui ferait ressembler Zac Efron à Maïté, et que donc le plaisir est omniprésent à la lecture. Il existe même un phénomène étonnant qui est commun à bien peu de livre, le lecteur regrette de l'avoir fini et n'attends qu'une chose, se replonger dans ces aventures merveilleuses

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