lundi 14 septembre 2009

UNE PIECE SAUVAGE


Un Coeur Sauvage de Christophe Botti, en dvd chez Antiprod, 23 euros


"L'amour est une discrétion qui saute toujours aux yeux" s'écrit Virgine à son meilleur amie Mathan, 17 ans et homosexuel. Tout du moins il se découvre homosexuel. Il commence à appréhender le désir, l'amour d'un autre homme et la difficulté de l'assumer. Il passe par toutes les étapes que peut vivre un jeune de son âge : la peur, l'homophobie, etc. Il va même jusqu'à frôler la mort. Et tout cela pour quoi ? Pour l'amour de François, jeune éphèbe beau comme un Dieu qui sort avec sa meilleure amie. Virginie aime Francois. Mathan aime Francois. Francois ne sait pas qui aimer...
Ce qui frappe en premier dans pièce écrite et mise en scène par les frères Christophe et Stéphane Botti, c'est l'économie de moyen qui est employée. Des draps blancs le long de la scène, un écran au fond où projeter des images, trois changements de lumière et l'affaire est reglée. Et bien, cette économie de moyen profite pleinement à la pièce car après tout ce n'est pas tant l'action qui importe que le texte. Et dans une intrigue tellement rebattue sur la confusion des sentiments et des désirs, Christophe Botti trouve à se démarquer par un texte tout en retenue. Les personnages n'ont pas besoins de palabrer des heures sur leurs sentiments pour qu'on comprenne l'évolution de Mathan, ou le refus d'être bisexuel de François.
Cette retenue est renforcée par le jeu des comédiens tout en finesse. Un seul échange de regard suffit entre Edouard Collin, qui joue Mathan, et Julien Alluguette, qui joue François (forcément suivez un peu il va pas jouer Virginie !!) pour savoir que ces deux là sont attirés inévitablement l'un par l'autre. D'ailleurs parlons-en d'Edouard Collin, ce bel homme tantot nu dans un film ou tantot nu sur scène. Et bien là ce n'est pas le cas il ne se contente d'enlever que le haut mais nous gratifie d'une scene d'une sensualité abyssale à travers un rideau tout d'abord puis en corps à corps avec François. Fantasmes mis à part, un metteur en scène devrait jeter un oeil à cette pièce là avant de rejeter Edouard Collin, le considérant comme un acteur de boulevard ou qui joue très mal la mort du SIDA dans Né en 1968. Cette pièce montre qu'il existe en tant que comédien au delà de sa plastique avantageuse et qu'il sait jouer avec une finesse exemplaire un rôle qui aurait pu être vite caricatural. Alors oui il est abonné aux rôles d'homosexuel mais je suis certain que si on lui donnait sa chance dans autre chose, il pourrait y montrer l'étendu de son talent à condition d'être bien dirigé.
Il s'agit donc d'une pièce sensible, extremement bien écrite et drôle par moment qu'il ne faut rater sous aucun prétexte sous peine d'être pendu en place public. Elle est encore disponible en dvd chez Antiprod pour seulement 23 euros, une occasion à ne pas manquer donc. Et peut être retrouverez vous comme moi ce coeur sauvage dès début qu'une personne à réussi à dompter, ou pas......

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