mardi 3 novembre 2009



Cinéman de Yann Moix (2009)
Avec Franck Dubosc, Pierre Francois Martin Laval, Pierre Richard, etc
Sortie le 28 Octobre 2009


Alors oui je sais ce que vous allez dire ! Je vous entends déjà me villipander sous le prétexte fallacieux qu'il n'y a pas eu de nouvel article depuis le 20 Octobre, et que je me présente à vous sans dire "ni merde ni bonjour" en espérant que cette longue absence passe inapercue. Et bien figurez-vous que j'ai une très bonne raison : mon ordinateur a grillé. De là c'est plutot difficile de se consacrer à une chronique régulière sur ce blog tant apprécié des langues de vipères et autres intellectuels de tout bord (nous ne parlons pas ici de sexualité bien sûr).
Cette introduction étant faite, passons à ce qui nous intéresse aujourd'hui. Qui n'a pas vu cette belle affiche dans le métro ou sur les bus ? Qui a pu échapper à l'omniprésence de Yann Moix sur les plateaux de télévision depuis quelque mois, dans un premier temps pour présenter son livre sur Michael Jackson puis pour nous dire que sont nouveau film est un chef d'oeuvre de nouveauté, d'invention et de drôlerie. Pour reprendre ses propres mots "la suite de Podium". Il est des fois où un réalisateur devrait apprendre que faire de la publicité pour son film c'est bien, que la publicité est évidemment une forme de mensonge, mais qu'il faut tout de même pas prendre le public pour des cons. Parce que à trop vouloir que les gens voient votre film, ils finissent pas y aller !
Oui, j'ai cédé aux affres de la tentation. Oui, ma sympathie pour Dubosc m'a fait me déplacer dans une salle de cinéma. Oui, j'avais adoré Podium qui était bien plus que la comédie à laquelle on voulait la réduire, mais qui montrait un homme qui n'avait plus d'identité et se prenait vraiment au jeux du sosie jusqu'à l'extrême. Oui, je suis allé voir Cinéman. Je ne dirais même pas que c'est par soucis de parler de films récents sur ce blog, vous avez déjà pu voir que je suis capable de parler de films qui datent des années 1950. Je n'ai pas non plus l'excuse d'y avoir été trainé par amitié comme au palais des sports. Non, j'y suis allé de mon plein gré. Ce qu'il y a de bien au cinéma, c'est qu'au moins on passe toujours un bon moment : les bandes annonces. Après le film démarre et là c'est plus délicat.
Moix démarre le film sur un hommage à Harold Lloyd et la fameuse scène où il est accroché à une horloge. On peut tout d'abord être émerveillé par la qualité avec laquelle l'univers du film de départ est retranscrit. Dubosc est crédible dans ce rôle de héros de film muet. Puis le générique démarre et là le réalisateur fait sa première erreur. On sait qu'il fait un film populaire, il n'a pas besoin de nous l'appuyer en mettant "Quand t'es dans le désert" de Capdevieille. D'accord on va voir un film sur un personnage qui est perdu dans son identité et qui va passer par plusieurs pour enfin retrouver la sienne, mais est-il vraiment besoin de nous le préciser aussi lourdement. Mais bon ce ne peut etre qu'une erreur de démarrage, après tout les plus grands films ont aussi des moments de faiblesse. Mais je maintiens qu'une heure et demi de faiblesse ca fait trop.
Je m'apercois que je n'ai pas encore parlé de l'histoire. L'histoire vous la connaissez déjà si vous n'avez vu ne serait ce qu'une promotion télé du film. Un professeur de mathématique supérieur est envoyé dans le cinéma pour sauver Vivianne Cook, Sissi impératrice de son état, des griffes du plus méchant des méchants. C'est un bon concept ceci dit. Le problème est que cela ne reste qu'un concept. C'est vrai, à quoi bon développer une idée si elle est bonne au départ. L'idée en elle-même devrait suffire n'est ce pas ? Et bien non, un scénario ca se développe. Non seulement il n'est pas développé mais en plus l'humour y est navrant. A croire que Yann Moix a fait écrire ses dialogues par Michael Youn. Le sommet de la drôlerie est atteint par ce trait d'humour génial "tient méchant !" lorsque le héros tire sur un ennemi dans un western. Quant à la direction d'acteur n'en parlons pas : Pierre Francois Martin Laval (d'habitude très bon) surjoue au point de faire passer Christian Clavier pour un acteur à la sobriété shakespearienne. Même Franck Dubosc ne sait pas où se placer et fait du sous-Dubosc. Et encore du sous-dubosc dans les "pour toi public", c'est vous dire !
En d'autres termes si vous voulez un film qui rends hommage au cinéma, tournez vous davantage vers Soyez sympa rembobinez de Michel Gondry, que vers cet ersatz d'hommage qui n'utilise le prétexte du cinéma que pour un cabotinage de réalisateur : ce qui reconnaissons-le est plutôt rare.

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